Peur d’oublier votre message devant les apprenants ?

Peur d’oublier votre message devant les apprenants ?

6 juillet 2019 20 Par Caroline Tréguier

kunj-parekh-3s3JPEXRzUg-unsplashUn « secret d’initié » pour l’éviter !

Il y a 12 ans, j’ai passé des heures à préparer ma toute première journée de face à face pédagogique et … ça ne s’est pas passé exactement comme prévu.

Je ne connaissais pas les apprenants, je remplaçais une formatrice en arrêt maladie, et même si je rêvais de faire ce métier, ce jour-là, une fois en salle de formation, j’avais un trac fou !

Photo by Kunj Parekh on Unsplash

En fait, même si je m’arrangeais pour qu’il ne se voie pas en le cachant derrière un sourire confiant et une fausse décontraction, à un moment donné, parce qu’il me manquait un bon secret de formateur, ce trac m’a dépassé et j’ai vécu « mon premier moment de solitude » …

Avant de vous raconter la suite en détail et vous livrer ce premier secret (que j’aurais rêvé connaître il y a 12 ans quand j’ai débuté), j’ai à cœur de vous inciter à bien préparer en amont vos animations. Pour cela, les deux premières questions qu’il est essentiel de vous poser en tout premier sont les suivantes :

1-Quel est l’objectif pédagogique ?

C’est-à-dire : qu’est-ce que vous voulez que les apprenants connaissent ou sachent faire à la fin de ce temps de formation (ou bien dès demain dans leur pratique professionnelle) ?

En déterminant en premier lieu cet objectif pédagogique (que vous allez rédiger), cela va vous aider à délimiter votre contenu (qui servira cet objectif d’apprentissage), en vous évitant d’ajouter un contenu qui ne serait pas en lien direct avec l’objectif pédagogique.

Un livre qui m’a vraiment aidée : 

« Comment définir des objectifs pédagogiques » de Robert Frank Mager (« R.F. MAGER : Docteur en philosophie, il est le spécialiste de la formation le plus lu par les enseignants à travers le monde. »). Vous y découvrirez les étapes pour rédiger un objectif opérationnel et de nombreux exemples inspirants. Je vous le recommande pour son efficacité, sa clarté et sa rapidité de lecture, je l’ai lu en un week-end !

Mais cela ne va pas suffire si vous ne vous posez pas cette deuxième question :

2-Comment évaluer ?

Par quel moyen (quel type d’évaluation), vous allez permettre aux apprenants d’évaluer leurs apprentissages et comment savoir si l’objectif pédagogique visé est bien atteint à la fin de ce temps de formation ?

Choisissez bien votre outil d’évaluation en fonction du type d’apprentissage !

Pour l’exemple, s’il s’agit d’un :

  • SAVOIR (une connaissance) : UN QCM (questionnaire à choix multiples) peut tout à fait convenir,
  • SAVOIR-FAIRE (une aptitude) : UNE PRODUCTION À RÉALISER, définie par des critères attendus pourrait être plus ajustée,
  • SAVOIR ÊTRE (ou savoir-faire relationnel) : UNE MISE EN SITUATION inspirée de situations réelles, associée à une grille d’observation, sera adaptée.

…Alors, êtes-vous toujours curieux de savoir ce qui m’est arrivé ce premier jour d’animation ? Oui l’objectif pédagogique pour les apprenants était prêt et l’évaluation également.

Je vous le raconte car j’ai ce “secret d’initié” à partager avec vous.

Cela vous est-il déjà arrivé d’avoir peur d’oublier votre message ?

D’avoir un trou de mémoire devant votre auditoire ?

Ce jour-là, j’avais prévu de commencer à asseoir un peu ma crédibilité en citant le référent théorique du concept que je présentais. Mais au moment de l’énoncer, son nom m’échappe et malgré mes efforts, impossible de m’en souvenir !

J’attrape mes notes fébrilement et malheureusement je ne retrouve pas instantanément l’endroit où je l’avais inscrit. Et plus le temps passe et plus la panique monte, et plus mes notes deviennent flouent !! Trop de stress ? Sûrement. Une mauvaise organisation dans mes notes ? Assurément.

Rien d’autre que le vide et un long moment de solitude !

Alors je balbutie et m’engage à retrouver le nom du référent à la prochaine pause et c’est ce que j’ai fini par faire. Un mauvais moment de passé et j’ai loupé le moyen de renforcer ma crédibilité en citant aisément ce référent. C’est bien dommage et surtout, à ce moment-là, ça ne renforce pas la confiance en moi.

Pour vous éviter de chercher votre message devant vos apprenants, (comme moi à l’époque) et citer aisément un référent, une date, quelques chiffres clés, de manière fluide et sans hésitation.

Ou bien pour éviter de vous encombrer l’esprit avec une information qui ne vous sera pas utile par la suite, il y a un moyen tout simple et d’une redoutable efficacité.

Je le mets en pratique encore maintenant quand je travaille avec l’un de mes « assistants personnels », j’ai nommé : le paperboard ! 

Et ce “secret d’initié” le voici :

PAPERBOARD 3

Regardez bien cette photo (sans l’agrandir pour l’instant) et dites-moi si vous y voyez mes “notes-mémoires” de formatrice ?

 

C’est une feuille de mon paperboard prise à une distance d’environ 2 mètres.

 

 

Je vous rapproche ? 

 

 

 

PAPERBOARD 4

 

Maintenant  regardez de plus près

à droite.

Commencez-vous à les voir ? 

Au-dessus de “pédagogique” par exemple … ou en dessous

d’ “OBJECTIF” ? 

Vous trouvez…?…

 

En gros plan maintenant ?

Votre auditoire n’y verra que du feu !!

 

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Voici mes discrètes notes. Celles que je vois en un coup d’œil, quand je me place juste à côté du paperboard.

Je les rédige avant mon animation, légèrement au crayon de bois, et elles sont invisibles au-delà d’un mètre.

Faites le test vous-même et vous verrez. Ces notes vont sécuriser vos présentations ! Elles ne se voient absolument pas de la place de votre auditoire.

Depuis que j’ai découvert ce « secret d’initié » : 

  • je ne mémorise que l’essentiel, je ne m’encombre plus l’esprit
  • je suis beaucoup plus détendue, je sécurise mes nouvelles présentations
  • et j’utilise ce moyen pour dessiner en direct des schémas complexes !

Je vous en dis un peu plus là-dessus ? 

Si vous devez réaliser un schéma sur paperboard devant des apprenants (par exemple en plusieurs étapes), vous pouvez aisément le préparer en amont au crayon de bois puis, au moment de votre animation, le dessiner au marqueur par-dessus le gris.

Voici un exemple illustré : 

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Bien entendu, le paperboard n’est pas mon seul “assistant” lors d’une animation, le vidéoprojecteur par exemple, associé à un logiciel de présentation (Powerpoint, Prézi, thinglink,…), est aussi un excellent “partenaire”.

 

 

 

J’espère que cet article vous aura été utile et j’aimerais savoir s’il vous a plu. C’est mon tout premier, alors n’hésitez pas à partager avec moi vos impressions dans l’espace commentaire en-dessous.

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Je suis curieuse aussi de savoir si vous avez vos propres astuces, celles qui vous évitent de perdre votre message devant votre auditoire ?

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Article rédigé par Caroline Tréguier.

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